Assemblées générales

Peut-on refuser des travaux votés en assemblée générale ?

Mis à jour le

Non : des travaux régulièrement votés en assemblée générale s'imposent à tous les copropriétaires, y compris à ceux qui ont voté contre ou qui étaient absents. Le seul moyen de s'y opposer est la contestation en justice, réservée aux copropriétaires opposants ou défaillants, dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal (article 42 de la loi du 10 juillet 1965). En attendant, les appels de fonds restent dus selon le calendrier voté.

À retenir

  • Une décision d'assemblée générale est opposable à tous : voter contre ne dispense ni des travaux ni de leur paiement.
  • Seul un copropriétaire opposant ou défaillant peut contester la décision en justice, dans les deux mois de la notification du procès-verbal (article 42).
  • La saisine du juge ne suspend pas, par elle-même, l'exécution de la décision ni l'exigibilité des appels de fonds.
  • Certains travaux votés s'imposent jusque dans les parties privatives : travaux d'intérêt collectif d'économies d'énergie (article 25 f).

La force obligatoire du vote : la règle du jeu collectif

La copropriété fonctionne sur un principe simple : les décisions se prennent à la majorité en assemblée générale, puis s'appliquent à tous. Un copropriétaire ne peut donc pas refuser des travaux votés, ni refuser de payer sa quote-part au motif qu'il a voté contre, qu'il était absent, ou qu'il juge les travaux inutiles ou trop chers.

Refuser de payer les appels de fonds correspondants expose au dispositif de recouvrement des impayés : mise en demeure, exigibilité anticipée de l'ensemble des provisions après trente jours infructueux (article 19-2 de la loi de 1965) et imputation des frais de recouvrement au seul copropriétaire défaillant (article 10-1).

Le seul recours : contester la décision dans les deux mois

L'article 42 de la loi du 10 juillet 1965 réserve l'action en contestation aux copropriétaires opposants — qui ont voté contre la résolution adoptée — ou défaillants — absents et non représentés. Le délai est de deux mois à compter de la notification du procès-verbal d'assemblée générale ; passé ce délai, la décision devient définitive. Celui qui a voté pour, ou qui s'est abstenu sur une résolution adoptée, ne peut plus la contester.

La contestation doit s'appuyer sur un motif sérieux : irrégularité de la convocation ou du vote, décision non inscrite à l'ordre du jour, abus de majorité, majorité inadaptée. Et elle ne suspend pas, par elle-même, l'exécution de la décision : sauf décision contraire du juge, les travaux peuvent commencer et les appels de fonds restent exigibles pendant la procédure.

Contester des travaux votés : conditions et effets
QuestionRéponseFondement
Qui peut contester ?Copropriétaire opposant ou défaillant uniquementArt. 42 loi du 10 juillet 1965
Dans quel délai ?Deux mois à compter de la notification du procès-verbalArt. 42 loi du 10 juillet 1965
Le recours suspend-il les travaux ?Non, sauf décision du jugeArt. 42 loi du 10 juillet 1965
Faut-il continuer à payer ?Oui, les appels votés restent exigiblesArt. 14-1 et 19-2 loi du 10 juillet 1965
Source : loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, art. 14-1, 19-2 et 42 — consultée en juillet 2026 sur Légifrance.

Payer autrement : ce qui peut se négocier

Si le principe des travaux ne se discute plus, leurs modalités de paiement offrent des marges. Le calendrier des appels de fonds est fixé par la résolution votée : une assemblée peut prévoir un échelonnement sur plusieurs trimestres ou exercices. Le financement peut aussi mobiliser le fonds de travaux, un emprunt collectif ou des aides publiques lorsque les travaux y sont éligibles.

Un copropriétaire en difficulté a intérêt à se manifester tôt auprès du syndic pour convenir d'un échéancier, plutôt que de laisser l'impayé s'installer et les frais de recouvrement s'accumuler.

Ces travaux qui s'imposent même dans votre lot

Le vote de l'assemblée peut atteindre les parties privatives elles-mêmes. L'article 25 f de la loi de 1965 permet de voter des travaux d'économies d'énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre comprenant des travaux d'intérêt collectif réalisés sur les parties privatives : chaque copropriétaire doit alors les laisser exécuter dans son lot, à ses frais, sauf s'il prouve avoir réalisé des travaux équivalents dans les dix années précédentes.

À l'inverse, l'article 25-2 protège l'initiative individuelle : un copropriétaire peut réaliser à ses frais des travaux d'accessibilité pour les personnes handicapées ou à mobilité réduite affectant les parties communes ou l'aspect extérieur, en informant simplement l'assemblée générale par un point inscrit à l'ordre du jour ; l'assemblée ne peut s'y opposer que par décision motivée fondée sur l'atteinte à la structure de l'immeuble, aux équipements essentiels ou à sa destination.

Questions fréquentes

Je n'étais pas à l'AG : suis-je quand même engagé par le vote ?

Oui. La décision s'applique aux absents comme aux présents. Être défaillant vous ouvre en revanche le droit de contester la décision en justice dans les deux mois de la notification du procès-verbal (article 42), ce que ne peut pas faire un copropriétaire qui a voté pour.

Puis-je refuser l'accès à mon lot pour des travaux votés ?

Pas pour des travaux régulièrement votés qui nécessitent un accès à votre lot, notamment les travaux d'intérêt collectif sur parties privatives de l'article 25 f. Un refus d'accès injustifié peut engager votre responsabilité. Les modalités d'intervention (dates, remise en état) se discutent en revanche avec le syndic et les entreprises.

Que se passe-t-il si le juge annule la décision ?

L'annulation remet en cause la résolution contestée : les sommes appelées sur son fondement doivent être restituées ou réimputées selon la décision du juge. C'est pourquoi un syndicat prudent évite d'engager des travaux lourds tant qu'un recours sérieux est pendant, même si la loi ne l'y oblige pas.

L'abstention me permet-elle de contester ?

Non pour une résolution adoptée : l'abstentionniste n'est ni opposant ni défaillant au sens de l'article 42. Si vous êtes en désaccord avec un projet, votez contre — c'est la seule façon de préserver votre droit de recours tout en participant au vote.

Ce guide présente des informations générales à jour du droit en vigueur, sans valeur de conseil juridique ou fiscal personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre copropriété, échangeons.

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