Comparatifs

Assurance multirisque immeuble ou RC seule : que doit souscrire la copropriété ?

Mis à jour le

Depuis la loi ALUR, l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose deux assurances de responsabilité civile : chaque copropriétaire doit s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il répond en qualité de copropriétaire occupant ou non-occupant, et chaque syndicat de copropriétaires doit s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre. La multirisque immeuble (MRI), qui couvre en plus les dommages au bâtiment lui-même — incendie, dégâts des eaux, tempête —, n'est pas légalement obligatoire : elle est pourtant généralisée, car une RC seule laisse l'immeuble sans couverture pour ses propres dommages.

À retenir

  • Obligation légale (article 9-1, issu de la loi ALUR) : responsabilité civile pour le syndicat et pour chaque copropriétaire, occupant ou non-occupant.
  • La multirisque immeuble est facultative mais couvre ce que la RC ignore : les dommages subis par le bâtiment lui-même.
  • Le copropriétaire non-occupant (bailleur) répond à son obligation par une assurance dite PNO.
  • La souscription de l'assurance du syndicat est votée à la majorité de l'article 24 ; en cas de refus de l'assemblée, le syndic peut souscrire une assurance pour le compte du syndicat.

Ce que la loi impose vraiment : la responsabilité civile

L'assurance de responsabilité civile couvre les dommages causés aux tiers : une tuile qui blesse un passant, un dégât des eaux parti des parties communes et endommageant un appartement voisin, la chute d'un élément de façade. C'est ce risque — et uniquement lui — que l'article 9-1 rend obligatoire, pour le syndicat comme pour chaque copropriétaire.

Côté copropriétaires, l'obligation se décline selon la situation : l'occupant est généralement couvert par la RC incluse dans son assurance habitation ; le non-occupant (bailleur ou lot vacant) doit souscrire une assurance propriétaire non-occupant, dite PNO, qui couvre sa responsabilité y compris dans les périodes sans locataire.

Comparatif : RC seule contre multirisque immeuble

La différence se mesure au moment du sinistre : qui indemnise quoi.

RC du syndicat seule et multirisque immeuble : comparaison des couvertures
CritèreRC du syndicat seuleMultirisque immeuble (MRI)
Caractère obligatoireOui (article 9-1 de la loi de 1965, issu de la loi ALUR)Non, mais pratique généralisée
Dommages causés aux tiersCouvertsCouverts (volet RC inclus)
Dommages au bâtiment lui-mêmeNon couvertsCouverts selon le contrat : incendie, dégâts des eaux, tempête, bris de glace, etc.
Reconstruction après sinistre majeurÀ la charge du syndicat, donc des copropriétairesPrise en charge selon les garanties et plafonds du contrat
Coût pour le syndicatPrime limitée au risque RCPrime plus élevée, fonction des garanties, franchises et de l'immeuble
DécisionVote à la majorité de l'article 24 ; à défaut, souscription par le syndic pour le compte du syndicatVote du contrat et de ses garanties en assemblée générale
Source : article 9-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (créé par la loi ALUR du 24 mars 2014) — consulté en juillet 2026 sur Légifrance. Les garanties MRI relèvent de la liberté contractuelle.

Pourquoi la RC seule est une fausse économie

Un incendie de combles, une colonne d'eau qui cède, une tempête qui emporte la toiture : sans multirisque, la remise en état des parties communes repose intégralement sur les copropriétaires, via des appels de fonds exceptionnels potentiellement considérables. La RC n'intervient que si un tiers est lésé — elle ne reconstruit pas votre immeuble.

La vraie discussion en assemblée ne porte donc pas sur « MRI ou pas », mais sur le contenu du contrat : garanties retenues, montants, franchises, vétusté, et articulation avec les assurances individuelles des copropriétaires. Les conventions professionnelles entre assureurs organisent par ailleurs la gestion des dégâts des eaux entre contrats individuels et contrat de l'immeuble : d'où l'importance que chaque lot soit effectivement assuré.

Un point de contrôle simple pour le conseil syndical : vérifier chaque année que le contrat de l'immeuble est à jour (activités, surfaces, travaux récents) et que les attestations d'assurance des copropriétaires — notamment PNO pour les bailleurs — peuvent être produites.

Le rôle du syndic dans la couverture de l'immeuble

Le syndic soumet l'assurance au vote, déclare les sinistres, suit les expertises et veille à l'adéquation des garanties. La gestion administrative des sinistres figure parmi les prestations encadrées par le contrat type. AD Syndic présente les contrats d'assurance de l'immeuble en assemblée et les tient à disposition des copropriétaires sur l'extranet, avec l'historique des sinistres déclarés.

Questions fréquentes

L'assurance multirisque immeuble est-elle obligatoire ?

Non. La loi n'impose que l'assurance de responsabilité civile du syndicat et de chaque copropriétaire (article 9-1). La multirisque est un choix de gestion — massivement adopté, car la RC ne couvre pas les dommages subis par l'immeuble lui-même.

Je suis bailleur : mon locataire est assuré, dois-je l'être aussi ?

Oui. L'assurance du locataire couvre ses propres risques locatifs, pas votre responsabilité de copropriétaire non-occupant. L'article 9-1 vous impose une assurance de responsabilité civile, en pratique une PNO, y compris pendant les périodes de vacance du logement.

Que se passe-t-il si l'assemblée refuse de voter l'assurance du syndicat ?

L'obligation de l'article 9-1 demeure : en cas de refus de l'assemblée générale, l'assurance de responsabilité civile peut être contractée par le syndic pour le compte du syndicat des copropriétaires.

La MRI couvre-t-elle l'intérieur de mon appartement ?

Le contrat de l'immeuble couvre principalement les parties communes et, selon les contrats, certains éléments à usage privatif ; votre assurance habitation ou PNO couvre vos biens et aménagements. La répartition exacte dépend des deux contrats — d'où l'intérêt de les examiner ensemble.

Ce guide présente des informations générales à jour du droit en vigueur, sans valeur de conseil juridique ou fiscal personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre copropriété, échangeons.

Parler de ma copropriété

Contact

Demander un devis syndic

Décrivez votre copropriété en quelques lignes — adresse, nombre de lots, situation actuelle — et nous revenons vers vous avec une proposition structurée.

Ou directement : contact@ad-syndic.fr · 01 89 54 65 28