Le bâti du quartier
Le quartier s'est urbanisé dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle entre les boulevards de Rochechouart et de Clichy au nord et la rue de Maubeuge au sud. L'avenue Trudaine, large et plantée, en est l'axe le plus élégant, bordée d'immeubles haussmanniens cossus face au collège-lycée Jacques-Decour ; le square d'Anvers concentre autour de lui des façades post-haussmanniennes ornées. La rue des Martyrs, dans sa partie haute, la rue Condorcet et la rue de Rochechouart complètent un tissu régulier d'immeubles de rapport en pierre de taille et pierre et brique.
Les pentes annonçant la butte donnent au quartier ses perspectives montantes vers le Sacré-Cœur et quelques configurations singulières : rues en déclivité, soubassements hauts, cours étagées. L'avenue Trudaine et le bas de la rue de Dunkerque conservent des immeubles à la modénature soignée, tandis que les abords des boulevards accueillent un bâti plus hétérogène mêlé aux salles de spectacle — l'Élysée Montmartre et le Trianon en limite nord. Le sous-sol, travaillé par d'anciennes carrières comme souvent au pied de Montmartre, appelle une vigilance géotechnique lors des gros travaux.
Les copropriétés : typologie et enjeux de gestion
Le parc se compose d'immeubles haussmanniens et post-haussmanniens de taille moyenne, à dominante nettement résidentielle : appartements familiaux, quelques professions libérales, commerces de proximité en pied d'immeuble sur la rue des Martyrs, la rue de Rochechouart et les abords du square d'Anvers. Les loges subsistent dans les immeubles les plus cossus de l'avenue Trudaine ; ailleurs, la garde est souvent remplacée par des prestataires. Les budgets sont classiques, tirés par l'entretien courant, les ascenseurs installés après coup et les ravalements périodiques.
Les sujets de gestion reflètent un quartier familial en demande de confort : rénovation énergétique de chaufferies collectives, isolation des combles, réfection de cours et de cages d'escalier, sécurisation des accès sur des rues très passantes côté boulevards. La proximité immédiate de Pigalle et des salles de spectacle impose à certains immeubles une attention particulière à la tranquillité — portes, interphones, règlements intérieurs appliqués. Les assemblées générales, stables et impliquées, attendent des comparatifs clairs et une planification pluriannuelle documentée.
Repères
Le square d'Anvers, avec son kiosque et ses alignements, est le jardin du quartier, face à l'avenue Trudaine et au collège-lycée Jacques-Decour. La rue des Martyrs monte vers Montmartre en égrenant ses commerces de bouche ; la rue Condorcet et la rue de Rochechouart tissent la trame intérieure ; les boulevards de Rochechouart et de Clichy marquent la frontière nord, animée par le Trianon et l'Élysée Montmartre. Le marché d'Anvers anime régulièrement le square éponyme.
L'ambiance combine vie de famille et effervescence de lisière : calme des rues intérieures, terrasses et écoles, puis intensité nocturne à mesure qu'on approche des boulevards et de Pigalle. La vue sur le Sacré-Cœur au débouché des rues montantes fait partie de l'identité du quartier. Pour les copropriétés, l'enjeu est de tenir ce cap résidentiel : immeubles bien fermés, parties communes nettes, charges maîtrisées, dans un secteur dont l'attractivité ne faiblit pas.
Le quartier en contexte — Paris 9e arrondissement
Le quartier Rochechouart appartient au 9e arrondissement, qui compte 1 909 copropriétés immatriculées au registre national, dont 18 % de moins de 11 lots et 84 % d'immeubles construits avant 1949 (données 2026-07-22).
Toutes les données du 9e arrondissement →Questions fréquentes
Les anciennes carrières du pied de Montmartre concernent-elles les copropriétés du quartier Rochechouart ?
Une partie du nord de Paris est classée en zone d'anciennes carrières : dans ces périmètres, définis par arrêté, les projets de construction ou de travaux importants peuvent être soumis à l'avis de l'inspection générale des carrières et à des études de sol. Pour une copropriété existante, cela concerne surtout les gros travaux — reprises en sous-œuvre, création de niveaux en sous-sol — et l'analyse de fissurations anormales. Le syndic vérifie le zonage de la parcelle avant d'engager des études structurelles.
Que peut faire une copropriété contre les nuisances sonores d'un bar voisin des boulevards ?
Si l'établissement est dans l'immeuble, le syndicat peut agir sur le fondement du règlement de copropriété (clauses de destination, de tranquillité) et mettre l'exploitant en demeure, puis saisir le tribunal. S'il est extérieur, les résidents disposent des recours de droit commun : trouble anormal de voisinage, réglementation sur les bruits d'activité, plaintes auprès de la préfecture de police qui peut prononcer des sanctions administratives. Constats, pétitions et mesures acoustiques renforcent les dossiers dans les deux cas.